16 mai 2015 ~ 0 Commentaire

C’est parfois curieux comme on se ment à soi-même.

J’avais déjà eu cette expérience pour le moins incroyable au marché, et là, je me retrouve dans la pénombre, à nier ce curieux phénomène : plus j’entends ces voix qui se disputent, plus je vois ce vieux seau, et plus je me dis que ça ne veut rien dire.

Pourtant, c’est bien ça, que je voyais. J’étais absolument abasourdi par cette vision, et par son caractère tout à fait incongru. Il n’y avait aucune explication rationnelle ou logique à cela. J’aurai pu voir mille autres choses qui auraient eu plus de sens, mais non, c’était bien cela pour moi, en cet instant et en ce lieu précis. Un seau. Un bête seau. Plus je luttai contre cette vision, et plus elle s’imposait à moi. C’était comme un appel.

L’appel du seau, me voilà bien avancé me dis-je en mon fort intérieur.

En bas, ça gueule, ça gueule bien, puis, tout à coup, la porte qui se claque, et le silence. Quelque part, ce silence qui s’installait, qui durait, était bien plus terrifiant que la dispute qui eut lieu juste avant. J’attendais quelques minutes, pensant que j’allais entendre mon oncle monter les escaliers. Mais non. Rien du tout. Il avait dû se recoucher.

Après un moment, peut-être dix ou vingt minutes, je descendis les petits escaliers en bois pour en avoir le cœur net : oui, mon oncle s’était bien recouché. J’étais absolument incrédule devant cela. Je remontai tout penaud, mais ne put trouver le sommeil cette nuit-là…

Quand je redescendis le lendemain à l’aube, il m’attendait dans la petite cuisine. Il me dit de m’asseoir. Il avait l’air triste.

« Je sais ce que tu as fait. Tout le monde maintenant sait ce que tu as fait. Je devrais être en colère, mais en fait, tu t’en vas, donc m’énerver ne servira à rien. ».

Je ne savais pas quoi dire. Et, franchement, je n’avais pas envie de parler. Ils m’énervaient tous, avec leurs principes, leur morale à double-vitesse. Je ne voulais pas tomber dans une discussion stérile, qui se serait soldé par un « ce que vous avez fait est mal », alors que nous n’avions fait de mal à personne. La simple idée de ce que j’aurai pu entendre au cours de cette conversation me donnait la nausée. Donc je choisis de ne rien dire.

« Va faire les chèvres ». Puis, il se leva, et quitta la maison.

Je crois que c’était la première fois que le voyais partir aussi tard. J’avais l’impression qu’il était resté pour me voir. C’était plutôt logique dans un sens, mais ça ne lui ressemblait pas vraiment… je sortais donc pour traire les chèvres comme à mon accoutumé. Je pris mon petit tabouret en bois, m’installai à côté de la noiraude, attraper mon seau, et commencer à traire la chèvre. Et c’est là, que je le ressentis : « l’appel du seau » comme je l’appelais. C’est comme si tout mon être, tout ce que j’étais, toute mon essence, se trouvait aspirée par le seau. Comme si le seau tentait de me dire quelque chose, comme s’il cristallisait quelque chose de très important pour moi.

C’est vraiment quelque chose qui paraît stupide, il n’y a pas d’autres mots, mais c’est comme ça que je l’ai vécu : le seau essayait de me dire quelque chose. Cet objet absolument désuet symbolisait quelque chose qui allait devenir très important pour moi. Un peu comme un prophète. Et c’est en entendant des bruits de pas derrière moi que j’ai compris : mon oncle n’était pas resté pour me parler, il était resté pour me dire au revoir. Mais pas parce que j’allais partir le lendemain. J’empoignai le seau de mes demain, et me relever, prêt à me battre.

seau

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